Le dioxyde d’azote, issu principalement des moteurs diesel, dépasse régulièrement les seuils réglementaires dans de nombreuses agglomérations européennes. L’ozone troposphérique, formé à partir de polluants secondaires, provoque des pics de pollution malgré des émissions directes parfois en baisse.
Les particules fines, émises autant par l’usure des freins que par les gaz d’échappement, persistent dans l’air malgré l’évolution des technologies moteurs. Les différentes réglementations européennes, telles que les normes Euro, modifient progressivement la composition des rejets sans éliminer totalement les risques pour la santé et l’environnement.
Quels polluants les véhicules rejettent-ils vraiment dans l’air ?
À mesure que les moteurs tournent, un mélange de substances nocives s’échappe dans l’air, que les véhicules roulent à l’essence, au diesel ou au Gpl. À chaque trajet, la combustion des carburants libère des gaz et des particules qui alourdissent la pollution automobile. Résultat : l’air que respirent riverains et citadins se charge d’émissions polluantes, parfois invisibles mais jamais anodines.
Parmi la panoplie des polluants issus des gaz d’échappement, certains se distinguent par leur impact direct sur la santé et l’environnement. Voici les principaux :
- Oxydes d’azote (NOx) : produits principalement par les véhicules diesel, ils favorisent la formation de l’ozone troposphérique et agressent les voies respiratoires.
- Monoxyde de carbone (CO) : ce gaz incolore, libéré aussi bien par les véhicules essence que diesel, diminue l’oxygénation de l’organisme.
- Particules fines : générées par l’usure des freins, pneus et routes, mais aussi par la combustion incomplète ; les plus petites (PM2.5) s’infiltrent en profondeur dans les poumons.
- Composés organiques volatils (COV) et hydrocarbures aromatiques polycycliques : certains de ces résidus de combustion sont classés cancérogènes.
Les normes Euro tentent d’encadrer ces émissions, mais dans la réalité, l’âge des véhicules, la diversité des motorisations et la multiplication des trajets courts limitent leur portée. Les filtres à particules (Fap) généralisés sur les modèles récents captent une partie des émissions, mais les risques ne disparaissent pas pour autant. Dans la foulée, les émissions de gaz à effet de serre, en particulier le dioxyde de carbone, placent le transport parmi les premiers responsables du dérèglement climatique.
Effets sur la santé et l’environnement : comprendre les dangers invisibles
Respirer l’air chargé de particules fines, souvent issues des moteurs diesel, laisse des traces profondes. Leur taille minuscule leur permet de franchir la barrière pulmonaire, déclenchant inflammations chroniques, asthme ou aggravation de maladies cardiovasculaires. Les oxydes d’azote, quant à eux, irritent les bronches et exacerbent les difficultés respiratoires, en particulier chez les enfants et les personnes vulnérables. Plusieurs hydrocarbures aromatiques polycycliques et COV se retrouvent dans la liste des substances cancérogènes reconnues.
Mais l’impact ne s’arrête pas là. Les dépôts de polluants issus des gaz d’échappement et de l’usure des pneus s’accumulent au sol, contaminent les eaux et perturbent la biodiversité. Les gaz à effet de serre relâchés par les engins polluants bouleversent le climat, entraînant sécheresses, phénomènes extrêmes et migrations d’espèces.
Face à ces risques, la surveillance de la qualité de l’air et, dans les secteurs les plus exposés, l’usage ponctuel d’un appareil de protection respiratoire restent des mesures d’atténuation. Pourtant, la prévention ne suffit pas : la santé publique, l’environnement et le tissu social imposent de revoir en profondeur nos modes de déplacement et de s’attaquer à la source des émissions polluantes. La vigilance ne doit plus être un slogan, mais une exigence quotidienne.
Normes, vignettes Crit’Air et restrictions : où en est la réglementation ?
Depuis plus de vingt ans, les normes Euro imposent un cadre strict à l’industrie automobile européenne. Chaque nouvelle génération de véhicules doit respecter des valeurs limites d’émissions polluantes pour rester sur la route. En France, la vignette Crit’Air s’est imposée comme outil de tri : collée sur le pare-brise, elle classe chaque véhicule du vert (électrique) au gris (diesel ancien) selon son niveau de pollution. Dans de nombreuses villes, Paris, Lyon, Grenoble, seuls les véhicules correspondant à certains critères peuvent circuler lors de pics de pollution ou dans les zones à faibles émissions.
Les véhicules les plus anciens, dépourvus des systèmes de filtration conformes aux dernières normes Euro, se voient progressivement bannis des centres urbains. Partout, les collectivités resserrent la vis pour accélérer la réduction des rejets : les diesels immatriculés avant 2011 et les essences d’avant 2006, principaux contributeurs aux émissions polluantes, sont ciblés en priorité.
La Commission européenne pousse plus loin : elle abaisse les seuils autorisés et encourage les contrôles sur route. Pourtant, les débats restent vifs autour de l’efficacité réelle de la vignette Crit’Air, parfois jugée trop centrée sur les certifications en laboratoire, au détriment des émissions constatées dans la réalité. Les contrôles se multiplient, mais la transition avance à des rythmes inégaux d’une région à l’autre.
Des solutions concrètes pour réduire la pollution liée au trafic motorisé
Diminuer la pollution liée au trafic motorisé passe aujourd’hui par plusieurs chemins clairement identifiés. Les grandes villes françaises et européennes accélèrent la transition vers des modes de transport moins polluants. L’électrification du parc automobile, portée par la progression des véhicules électriques et hybrides rechargeables, représente une première étape. Mais la réalité du parc roulant reste loin du tout-électrique : en 2023, les motorisations thermiques dominent encore largement.
La création de zones à faibles émissions dans de nombreuses métropoles change peu à peu la donne : les engins les plus polluants perdent leur accès aux centres, poussant au renouvellement du parc. Les leviers d’action sont multiples. Les collectivités misent sur les transports en commun propres, étendent les réseaux cyclables et encouragent covoiturage et autopartage.
Pour illustrer ces leviers, voici quelques actions concrètes déjà mises en œuvre :
- Remplacer l’usage individuel de la voiture par des transports collectifs moins polluants
- Renouveler le parc automobile avec des modèles respectant les normes Euro les plus récentes
- Favoriser la mobilité douce : marche, vélo, trottinette
La lutte contre la pollution du trafic motorisé s’inscrit aussi dans le paysage urbain : végétalisation, réduction de la place de la voiture, aménagement de quartiers plus calmes. Les politiques publiques, portées par la mobilisation citoyenne, orientent la ville vers un avenir où limiter l’impact environnemental des transports ne relève plus du débat mais d’un impératif partagé. Et si la route reste longue, chaque initiative rapproche d’un air plus respirable et d’un quotidien moins saturé de nuisances invisibles.


